Les Anges de Haven – De la déchéance d’une utopie (c’est moins snob que ça n’en a l’air, promis…)

Je vais tenter de présenter mon roman, dont je vous avais déjà parlé ici

Les Anges de Haven, sous-titré De la déchéance d’une utopie tant pour faire prendre conscience au lecteur de l’éventuelle dimension philosophique du récit que pour éviter les clichés de la fantasy, est un roman d’environ 200 pages dont je suis l’auteure.

A l’été 2008, j’étais une petite Belette de presque seize ans et m’apprêtais à entrer en 1ère section littéraire (après des années à en rêver). Cet été, particulier à bien des égards, a sans nul doute contribué à mon voeu de commencer un roman. « Un vrai roman ». Et à la veille de la rentrée, à l’heure où tous les élèves de France amorcent la dépression pré-premier jour de classe, j’écrivais ce titre, Les Anges de Haven, sur la première page d’un cahier. Le roman a donc suivi mes années lycée, et a trouvé son point final quelques jours avant celui de ma terminale littéraire.

J’hésite toujours, face à la fatidique question « C’est quel genre ? », à le présenter comme un récit fantastique. Certes, il y a des phénomènes surnaturels, mais la magie n’a pas d’existence en tant que telle et il n’y a ni elfes, orques, vampires ou sorciers… Disons « un roman d’aventure, avec des bouts de fantastique dedans ». En étudiant plus profondément Montesquieu et ses Lettres persanes durant ma 1ère L, l’idée de faire d’un « autre monde » le miroir du nôtre, et de tenter, à l’image de l’illustre philosophe, de donner à cette histoire « fantaisiste » une dimension plus profonde, proche de la critique sociale, m’a plu. S’éloigner, dans un pays lointain (Lettres persanes) ou dans un autre monde (Haven) pour mieux comprendre et observer la société.

Evidemment, Les Anges de Haven n’est pas un essai sociologique. On peut tout à fait apprécier l’histoire sans en saisir le sens – plus ou moins – philosophique, et c’est d’ailleurs sa fonction première puisqu’en tant qu’hybride aventure-fantastique, Haven est avant tout destiné au jeune public. Le meilleur moyen est encore de juger par vous-mêmes :

Et si, lors de la Nuit des Temps,  le Big Bang avait abouti à la création non pas d’une, mais de deux planètes semblables, de deux dimensions parallèles ? Comment cette autre Terre aurait-elle évolué ? Comment la vie s’y serait-elle développée ? Et si des Terriens s’y étaient aventurés, comment ce monde encore vierge aurait-il pu muter  ?

Etranges questions, à vrai dire – pourtant Julien, Myriam, Caroline, Andrea et Lise, cinq adolescents sans histoires, se voient amenés à se les poser. D’ordinaire éloignés aux quatre coins de France, ils se réveillent ensemble dans une forêt que les Hommes n’auraient jamais touchée. Liés par la pensée à de dangereux fauves, les voilà Arrivants dans les contrées de Haven.

A quoi ressemblerait un monde bâti sur les idées des Lumières ?

Au XVIIe siècle, amélioré par des générations d’Arrivants, témoins de l’Histoire et des expériences terriennes que Haven s’est juré de ne pas reproduire. Accueillis à La Falaise, capitale perchée sur un îlot rocheux, les Arrivants rencontrent l’Intendant de Haven, Old Jack, et le jeune Fennec, son Grand Conseiller. Absents pendant près de trente ans, une nouvelle Arrivée de terriens crée l’événement.

Une longue initiation débute pour les cinq héros – étude de l’Histoire, de la Géographie, de la Littérature et des Sciences de Haven, ainsi qu’un entraînement approfondi au combat. Et toujours, omniprésents, les Anges de Haven, mythes précédant les premières Arrivées de l’Histoire…

Pourquoi un certain Equinoxe refuse-t-il leur nomination au rang de Pupilles de la Nation ? Les Anges semblent être, une fois de plus, la raison de la guerre qu’il déclenche… Dans la tourmente des batailles, des secrets révélés et de la mort qui rôde, les Arrivants vont devoir faire face à leur destin. Et le bras de fer qui les oppose au mystérieux Equinoxe semble prendre une tournure fatale.

Trahison, amour et manipulation – Haven est-il réellement un refuge ?

Voilà voilà. Après un an de réécriture et de travail sur le texte en tous genres, je pense contacter quelques maisons d’éditions dès la fin du mois de mai.

Et comme je suis une petite Belette facétieuse, voici la « fausse bande-annonce » de Haven :

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Published in: on 05/05/2011 at 140633  Comments (1)  
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Chroniques du vide interstellaire

A – Accepte-moi. Je veux être ton ami.

B – Je ne sais pas. Je ne te connais même pas.

A – Si, enfin ! Nous nous sommes croisés au supermarché, mardi dernier. Tu traînais à la caisse. Je t’ai aidé à porter un sac.

B – Comment connais-tu mon nom ?

A – Un de mes amis me l’a dit.

B – Comment le sait-il ?

A – Une de ses connaissances vous a présentés lors d’une fête, cet été.

B – Ah, lui ? Oui. Peut-être. Il y en a tellement. J’ai trop d’amis, souvent je ne me souviens pas des noms. Trop encombrant. Inutilement long.

A – Alors c’est comme si tu n’en avais aucun.

B – Non ! Il y a une liste, sept cent quarante-cinq très exactement.

A – Si tu m’acceptes, tu en auras sept cent quarante-six.

B – C’est très tentant. J’aimerais beaucoup avoir sept cent quarante-six amis. C’est bien mieux que sept cent quarante-cinq.

A – Cela fait un de plus.

B – Stupéfiant. J’aime !

A – Tu aimes ? Tu aimes quoi ?

B – Ah, mais ça ! J’aime ça. C’est ce qu’on dit.

A – Il paraît. Je ne sais pas. Je suis nouveau ici.

B – Alors je me dois de t’accepter.

A – C’est vrai ? Oh, merci !

B – C’est la règle : accepter les nouveaux. S’ils n’aiment pas ça, ils s’en iront.

A – Où ?

B – Bah. Ailleurs, va.

A – Je ne m’en irai pas.

B – Non. Puisque je t’ai accepté.

A – C’est gentil de ta part.

B – Oui, n’est-ce pas ? Je me sens d’humeur joyeuse. Allons aimer quelques ça de mes amis, ça leur fera plaisir.

A – C’est certain.

B – Tu me plais, toi ! J’aime ça.

A – Moi aussi.

B – Tu as une photo ?

A – De qui ?

B – De toi, enfin !

A – Quel intérêt ? Tu me vois.

B – Mais toi, je ne peux pas t’aimer. Il faut que j’aime la photo.

A – Je t’avoue que cela me semble un peu décousu.

B – A rencontré un nouvel ami et ne doute pas de son potentiel comique !

A – Pardon ?

B – Ah, rien. Je les en informais.

A – Mais qui ?

B – Mes amis, voyons !

A – Pourquoi ?

B – C’est l’intérêt. Je vais te dire un secret : si tu les informe, ils t’informent aussi.

A – De quoi ?

B – De tout. Ainsi, on est informé.

A – Ils disent pourquoi le ciel est bleu ?

B – Non.

A – Les numéros gagnants du Loto ?

B – Non.

A – Ils parlent des élections présidentielles ? Du rapport sur l’environnement ? Peut-être même qu’ils savent si le chômage a diminué ?

B – Mais non, voyons ! Du chômage ? Des élections ? Tu délires ! Personne n’écouterait. D’ailleurs, qui s’en soucie ?

A – Ah, pardon. De quoi parlent-t-ils ?

B – Ils parlent d’eux. Je parle, aussi. De moi. Et tous ensemble nous parlons des gens. Parce qu’au fond, c’est le seul sujet inépuisable depuis la nuit des temps, pas vrai ? Les gens. La vie. Et puis le monde tourne, et les informations changent. Ca recommence.

A – Je crois que j’aime ça.

B – Ah, tu vois ! Je le savais. Tu prends le coup. Tu vas voir, ça vient vite.

Un petit délire théâtral à la Samuel Beckett… Les yeux sont la propriété de Mark Zuckerberg et le texte d’Une Belette Masquée®. Je ne vous l’avais pas dit ? J’aime pas Facebook.

Published in: on 18/04/2011 at 140733  Comments (2)  
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