La fringante parade des Cowboys

Mardi 7 février, 20h, l’Olympia.

Les Cowboys Fringants ne font rien comme tout le monde. Dans un Olympia plein à craquer, qui rassemble aussi bien jeunes que moins jeunes, voici qu’à 20 heures tapantes, le groupe se précipite sur scène pour lancer un tonitruant « Bonsoir Paris ! ». La ponctualité québécoise n’est pas pour déplaire : oubliée, l’habituelle attente de quarante minutes (voire plus) avant l’arrivée du groupe, lors d’une première partie pas toujours à la hauteur. Ce concert, c’est celui des Cowboys Fringants – juste des Cowboys Fringants. L’accueil chaleureux du public reflète comme des retrouvailles, entre habitués d’un même univers… Et c’est parti. Mélangeant leur répertoire, des chansons plus anciennes à celles tirées de l’album Que du vent sorti en novembre 2011, les Cowboys offrent à l’Olympia toute la joie de leur musique folk. Balades nostalgiques ou mélodies endiablées, leur bonne humeur est communicative.

La présence scénique un peu délurée (les improbables tenues fluos des batteurs et guitaristes), semble faible au début. Le chanteur, Karl Tremblay, baisse les yeux, ou les ferme pour s’imprégner pleinement des paroles. Serait-ce de la timidité ? Mais cette gène est vite compensée par l’énergie incroyable de Marie-Annick Lépine, qui jongle entre piano, accordéon, violon ou flûte et distribue des sourires à tout va. Plusieurs personnalités, donc, qui reparaissent au fil de leurs chansons ; mais bien une seule aura des Cowboys Fringants, celle d’une musique sincère et joyeuse, sur des thèmes aussi poétiques qu’engagés. Plus rien laisse un souvenir intact, par la gravité de ses mots et surtout son puissant magnétisme, tandis que Droit devant ou Les étoiles filantes donnent lieu à de véritables danses de fête dans la fosse.

Les Cowboys, c’est aussi l’art de l’improvisation, du véritable jeu « pour rigoler » plus que d’un jeu de scène, toujours très discret et très enfantin. Faire tenir sa guitare sur son menton, par exemple… Une impro devenue réciproque lorsque le public s’en mêle, par une envolée très touchante de pliages improvisés sur « les avions en papier ne volent plus au vent ».

Impro enfin, durant un rappel magistral et presque aussi long que le concert lui-même ; une pancarte de fan qui réclame une chanson, chanson si vieille que le chanteur lui-même cherche avec nous tous les paroles… Et les réclames ne cessent plus, et les chansons s’enchaînent. Deux heures et demie de pur délice, quelque part dans le lointain Québec, avec une galerie haute en couleurs de personnages, d’idées, de doutes…

Il leur faut partir toutefois, et c’est avec un pincement au cœur qu’on laisse disparaître en coulisses des potes si francs et bienveillants, pour retrouver Paris.

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Published in: on 08/02/2012 at 140433  Comments (1)  
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Dragons, chimères et gentlemen

On entre dans les sous-sols du château – les cachots, peut-être. L’air frais nous prend et, au détour de ce « Cabinet de curiosités », il semble que cette cave protège un véritable monde, tenu secret, réfugié du soleil : celui des Explorateurs de l’Etrange, fiers scientifiques du siècle victorien. En témoignent les multiples photos et films sépias de leurs périples, jusqu’aux confins du globe, ces expéditions de hasard et de poussière où seule la détermination conduit au trésor… Et en ce lieu voici les trésors rassemblés, croquis, études, os, fossiles et animaux naturalisés, bocaux de formol alignés au fond des tiroirs, notes de terrain et échantillons minutieusement étiquetés.

Les Explorateurs de l’Etrange ont consacré leur vie à la recherche des créatures mythologiques et peuvent aujourd’hui nous en mettre plein les yeux : ils ont ramené d’Afrique le crâne du magnifique dragon volant, ils ont capturé la chimère à tête de singe, ont traqué ‘Archibald’ le terrifiant kraken, sont parvenus à dénicher une corne de licorne et ont croisé le chemin du Basilic sans se faire pétrifier par son regard glacial.

Le parcours de cette exposition inhabituelle suit différents lieux d’exploration, de la grotte archéologique au campement dans la brousse, en passant par le laboratoire et le salon anglais du XIXe. Chaque détail, chaque recoin est reconstitué avec une stupéfiante précision, si bien qu’on se prend à penser que le jeune Gaston, tout en rouflaquettes et en complet cintré, va surgir en fumant sa pipe pour nous expliquer d’où vient cette tête réduite ou cet œuf de salamandre. Animaux empaillés, fossiles et os ont été truqués avec humour (le mode d’emploi du pieu de vampire est un monument à lui tout seul), et parviennent à semer le doute : mais, au fait, a-t-il existé, ce Dodo ? Les dessins des créatures sont, eux aussi, très réussis – le crapaud tout droit sorti d’un cartoon autant que le très réaliste phénix.

Si bien que l’époque victorienne de nos livres d’Histoire paraît soudain un peu fade, et que l’on se rêve explorateur(trice, les femmes n’ont pas été oubliées !) dans cet étrange club créé de toutes pièces par le jeune et très doué Camille Renversade, alias Gaston. Pour continuer l’aventure, ce dernier a transcrit l’exposition en un carnet de bord surprenant, personnages et récit inclus.

Dragons et chimères prennent vie dans les décors étonnants de cette singulière exposition, pour le plus grand plaisir de tous ceux qui n’attendaient que cette preuve : mais si, la magie existe, regardez mieux.

Published in: on 19/08/2011 at 140633  Laisser un commentaire  
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Lourmarin, sur les traces d’Albert Camus

S’exiler en Provence, loin de la rumeur parisienne, à l’abri de la foule, à l’ombre des platanes. Tel était le vœu d’Albert Camus lorsqu’il acheta une maison dans le lumineux village de Lourmarin, surplombé par le Luberon. Tel était également celui de la Belette cet été : retrouver la quiétude provençale après une tumultueuse année étudiante à Paris.

A Lourmarin, l’Office du Tourisme organise une visite guidée hebdomadaire sur les traces du célèbre écrivain, journaliste et philosophe de l’absurde.

Dans la lumière blanche des matins de Provence, c’est une ‘balade littéraire’ des plus agréables. Du château qui accueillit Henri Bosco au stade de foot du village, de l’ancien café Ollier où Camus, sous le pseudonyme de « Monsieur Terrasse », allait souvent converser avec les joueurs après le match, jusqu’au cimetière où ceux-ci portèrent son cercueil lorsque ce Juste perdit la vie dans un tragique accident de voiture, en 1960.

Dans divers lieux de Lourmarin, au détour des ruelles étroites, des lectures des œuvres de Camus, ainsi que des souvenirs de Jean Grenier – qui fut son professeur au lycée – et de René Char, la visite retrace avec délicatesse toute l’histoire de l’écrivain, de l’enfance algérienne au prix Nobel. Chaque extrait, choisi avec soin et souligné d’un léger accent du Sud, résonne de façon particulière dans ces endroits où Camus vécut. Comme si Lourmarin lui faisait écho.

Et devant la plus modeste des tombes, celle qu’envahissent les lauriers roses et plants de lavande, devant la pierre gravée simplement d’un nom, ALBERT CAMUS 1913 – 1960, auréolée du soleil de Provence, on peut presque apercevoir l’énigmatique sourire de l’Etranger.

Published in: on 09/08/2011 at 140533  Laisser un commentaire  
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Peter Pan s’envole pour le Théâtre de Paris

Pan est une bouffée d’air frais qui séduisit la Belette durant le mois de mai, et dont le compte-rendu fut happé par les occupations estivales. Avec un peu de retard, voici donc la critique express de cette création d’Irina Brook, présentée au Théâtre de Paris.

Le rideau s’ouvre sur la douce et rythmée mélodie de Straight On ‘Til Morning, une ballade interprétée par Elisabet Ferrer, la chanteuse de Dionysos, interprète de Wendy.

La fraîcheur de sa voix – qui magnifie son chant mais rend son timbre aigu peu supportable – charme immédiatement. Ou peut-être est-ce la présence de tous ces enfants, autour de nous, dans la salle, et celle de Jane, fille de Wendy, à qui l’on raconte l’histoire.

On entre ainsi à Neverland, où le fringant Peter Pan (Louison Lelarge, lutin espiègle, Peter Pan-né), accompagné de Tink la fée jalouse (dont le costume rappelle les effeuilleuses du Moulin Rouge !), livre un combat sans fin contre le terrifiant Capitaine Crochet.

Peter n’a rien perdu de l’inventivité et de l’orgueil dont l’avait doté James Matthew Barrie il y a près d’un siècle. Mais face à la bande de pirates-bras cassés, armés jusqu’aux dents d’instruments de musique et d’un sens du rythme décapant, et surtout face à un Crochet en perfecto et bagouses dignes de Keith Richards, on ne peut s’empêcher d’aimer ces pirates rockers, presque plus que Pan. Ce sont eux qui, plusieurs fois, provoquent un regain d’enthousiasme dans le public, lorsque le souffle de l’épopée vient à manquer (la danse de Tiger Lily, notamment, est un peu longue pour les plus jeunes, trop peu élaborée pour les adultes).

Parmi les seconds rôles, on remarque surtout Nuno Roque, alias John, pur morceau d’humour britannique, et les jumeaux des Lost Boys, Taiwo et Kehinde Awaiye , à la fois mimes, clowns, gymnastes et acrobates, drôles et très doués.

Irina Brook crée Peter Pan à la manière d’un bulle de savon, délicate, imparfaite, poétique voire simpliste (la barque en carton lorgne sans doute un peu trop vers le théâtre en papier mâché), mais pour peu que l’on ait gardé son âme d’enfant, ce Pan-là séduit.

Et l’appel à l’aide de Peter n’a pas pris une ride ; on se prend à crier « Je crois que les fées existent ! » avec tous les bambins de la salle.

La troupe de 'PAN'

Sweeney Todd hante le théâtre du Châtelet


Jeudi 28 avril 2011, 20h

Le théâtre du Châtelet est baigné d’une excitation palpable. Dans la salle aux balcons dorés, les lumières déclinent doucement, ne laissant éclairé que l’immense rideau, non pas rouge comme à l’accoutumée, mais joliment imprimé de la carte de l’ancien Londres (carte dont la Tamise prendra les teintes du sang qui y coule, après l’entracte).

Et dans la pénombre, personne ne voit la fine ombre d’une belette se faufiler entre les fauteuils d’orchestre et bondir sur un strapontin.

Il ne faut pas se fier à la belle couleur rose des affiches de l’entrée. La comédie musicale de Stephen Sondheim, Sweeney Todd – le diabolique barbier de Fleet Street, est aussi originale que décalée. Adaptée sur grand écran par Tim Burton en 2008, l’histoire de ce barbier londonien qui égorgeait ses clients et en faisait des tourtes est une véritable légende du folklore anglais.

Sweeney Todd (Rod Gilfry) & Mrs Lovett (Caroline O'Connor)

Le rideau s’ouvre sur les docks obscurs du Londres victorien, et sur un chœur d’une vingtaine de comédiens de tous âges, tour à tour peuple des bas-fonds, internés de l’asile, et surtout, narrateurs, à travers ce frappant Lift your razor high, Sweeney, ballade noire et cruelle, fil conducteur de toute la pièce.

Le seul décor, à deux niveaux, est une belle trouvaille visuelle, pivotant à loisir pour être tour à tour place de marché, boutique de barbier ou demeure de juge. L’installation, en deuxième partie, du fauteuil coulissant, est très drôle et très bien rendue – tout comme l’atmosphère de mort qui règne, avec ce sang qui goutte dans le caniveau, ou celui qui gicle de la gorge des clients.

Et c’est sur cette « seconde scène » du niveau coulissant qu’apparaît Sweeney Todd, mise en abyme du personnage qui, forçat injustement emprisonné, revient sous ce nom nouveau, celui de la vengeance.

Rod Gilfry, interprète du barbier vengeur, se tient droit, presque immobile, et son regard dur, son imposante silhouette, sa voix de baryton, surtout, suffisent à nous glacer le sang. Bien loin des traits fins et de la coupe de cheveux improbable du Sweeney burtonien qu’incarnait Johnny Depp, mais tout aussi convaincant. Son jeu grave et sec donne au personnage de théâtre l’épaisseur que le cinéma trouvait dans la folie douce.

Cependant, dès la première minute, Caroline O’Connor (alias Mrs Lovett, pâtissière et complice du meurtrier), lui vole la vedette. Ses moues exagérées et désopilantes ainsi que sa gestuelle nerveuse la placent immédiatement au rang de penchant comique et complémentaire au masque impassible de Todd. Chacune de ses répliques fait mouche, et son jeu formidable d’aisance et de drôlerie, tout comme sa voix superbe, lui valent une standing ovation et une reconnaissance toute particulière du public. Stephen Sondheim lui-même aurait déclaré qu’elle était « la meilleure Mrs Lovett qu’il ait entendue ». Et ce n’est pas peu dire, car le compositeur a créé cette « opérette noire » en 1979.

Tous les comédiens font merveille, dans des rôles très différents et magistralement orchestrés par l’intrigue. Si Toby n’est pas incarné par un acteur âgé de dix ans (âge réel du personnage), sa voix a pourtant les éclats juvéniles et sincères du très beau Not While I’m Around. La version originale (surtitrée, mais il ne faut pas avoir peur des multiples coups d’œil aux écrans, placés trop haut) est un chef d’œuvre musical, aux sonorités tantôt romantiques (I Feel You, Johanna), tantôt brutales (Alms, Alms), et surtout aux paroles remarquables de justesse et de rythme. La scène de Little Priest, au délire absurde et cannibale des deux nouveaux complices, est un morceau d’anthologie et d’humour noir.

La bande-originale du film de Burton fut directement tirée du spectacle, mais l’on y retrouve également de nombreux titres inédits, explorant notamment davantage la romance entre Anthony et Johanna, ainsi que l’attirance du juge Turpin pour sa pupille.

La version de Burton, avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter

L’orchestre symphonique de la fosse magnifie le tout, et cette macabre fable, pas si loin de la tragédie, en vérité, imprègne les spectateurs conquis. Dans le métro du retour, le sourire aux lèvres, on chantonnera encore cet air pesant du chœur – and so did Sweeney Todd, the demon barber of Fleet Street.

Belle & Sebastian au Grand Rex

Lundi  11 avril 2011, peu avant 20h30

Devant les écrans lumineux et colorés du Grand Rex qui, ce soir, clignotent de tapageurs « BELLE AND SEBASTIAN EN CONCERT », et malgré le vent froid parisien ayant ressurgi par surprise, une foule de fans de tous les âges (ou presque) se presse à l’entrée, longeant la rue sur plus de cent mètres.

Belle & Sebastian, groupe d’indie rock venu de Glasgow, et connu notamment pour avoir participé à la bande-originale du film Juno, est de retour à Paris. Un retour plutôt discret en somme, puisqu’à part une annonce ténue dans le métro, police d’écriture moyenne dans la vague de noms de l’affiche, le concert n’a pas fait la une. Aussi voici notre envoyée spéciale stupéfaite de trouver tant de monde devant le Grand Rex, qui plus est tant de monde bien informé sur le groupe (certes, notre reporter est loin d’être une pro en matière de musique, mais tout de même).

Entrons donc dans l’immense salle du mythique cinéma, et au balcon s’il vous plaît ! Au-dessus de la scène, qui a remplacé l’écran, le plafond est couvert d’étoiles, et aux murs se dressent de grands décors dignes d’une ville des mille et une nuits.

Les spectateurs cherchent encore fébrilement un siège vide que déjà, les lumières s’éteignent, et Zoey Van Goey, le groupe canadien de première partie, esquisse ses premières notes. Dans un français hésitant (« C’est la première fois que je parle en français depuis que j’ai douze ans » nous confie le musicien au micro), le leader s’enhardit, lance quelques vannes, et finalement, paraît plutôt à l’aise. Malgré un son moyen, leurs chansons détonnent, balades pop et parfois même rock, avec une belle voix féminine un peu rétro. On aimerait qu’ils restent, et n’est-ce pas la meilleure chose que peut espérer un groupe en assurant une première partie ?

Sous les applaudissements joyeux des spectateurs séduits, Zoey Van Goey s’incline et laisse place aux tant attendus Belle & Sebastian.

Enfin… Laisse place aux techniciens, plutôt. Car il faut une longue demi-heure avant que les instruments soient tous en place, et qu’ils n’arrivent !

Le show s’ouvre sur le culte morceau Stars of track and field, et le nom moins culte Expectations (l’un des titres figurant sur la BO de Juno). Stuart Murdoch, chanteur du groupe, est en noir de la tête aux pieds, sans oublier un petit borsalino, avec lequel il joue d’ailleurs en se trémoussant sur le rythme des guitares, violons, contrebasses, batteries, flûtes traversières, tambourins, pianos (liste non exhaustive).

Parfois demandées par le public, souvent plébiscitées par les applaudissements dès les premières notes, les chansons s’enchaînent, cultes ou moins cultes, successivement très anciennes (« This one is dated of 1996… Some of you weren’t even born ! » – rire général) ou récentes, tirées de leur dernier album, Write About Love.

Alors oui, toutes les places sont assises, oui, ils parlent en anglais, mais l’ambiance n’en est pas moins bonne, et même, au fur et à mesure que Belle & Sebastian prennent de l’assurance, très bonne. Au concours de « rythmique » proposé par Murdoch, deux jeunes hommes plutôt dingues n’hésitent pas à répondre présents pour se déchaîner sur la scène ! Ils seront décorés de mignonnes médailles, tout comme les trois jeunes femmes et le petit garçon, dix ans tout au plus (il y a donc effectivement des fans nés après 1996 !) qui les suivront. Ces derniers ne restent pas moins de trois chansons sur scène pour danser avec Murdoch. Le public n’est pas en reste, puisque certaines fans lui hurlent des « I love you ! » (certains fans aussi, d’ailleurs), ce à quoi le chanteur répond « Me too… But we can never be together… Why ? Well, ‘cause my wife is watching on Internet ! ».

L’inévitable rappel se fait sous un tonnerre d’applaudissements et une standing ovation, même s’ils « doivent retourner tôt au bus pour partir en Suisse » ! En espérant les revoir vite.

Liste des chansons :
The Stars of Track and Field
Expectations
Write About Love
Women’s Realm
I’m Not Living in the Real World
Piazza, New York Catcher
I Want the World to Stop
Lord Anthony
Sukie in the Graveyard
The Fox In The Snow
If You’re Feeling Sinister
I’m a Cuckoo
The Wrong Girl
I Didn’t See It Coming
The Boy with the Arab Strap
If You Find Yourself Caught in Love
Judy and The Dream of Horses
Sleep the Clock Around

The Blues Are Still Blue

Published in: on 17/04/2011 at 140133  Laisser un commentaire  
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